Biographie


À travers son usage du langage, Benjamin Efrati développe un univers transdisciplinaire sous forme d’ d’installations multimédia et de performances. Souvent polysémiques, ses oeuvres font appel à l’absurde et à l’humour pour mettre en scène une sémantique complexe mobilisant le texte, l’image fixe ou animée ainsi que les arts sonores. Il est membre fondateur du collectif Miracle avec lequel il développe des projets de micro-édition et d’électronique expérimentale.

Benjamin Efrati est né à Genève en 1985.

Master de philosophie, Jean Moulin Lyon 3, 2004-2009

Master en arts, Beaux-Arts de Paris, 2009-2013

Démarche


Communiquer un raisonnement critique à travers une utilisation plastique du langage a toujours été au centre de mes préoccupations. En privilégiant le contenu à la structure, ma production emploie le discours comme un matériau à part entière.

Les problématiques que je cherche à mettre en scène proviennent d’une réflexion sur le langage, ou plus précisément sur les différents langages qui composent le monde, parfois incompatibles entre eux : langages corporels, langage administratif, langages scientifiques ou encore langage marketing. Cette perspective s’inscrit dans la lignée des expérimentations menées par les avant-gardes, du Dadaïsme au Net Art, en passant par Fluxus ou encore l’OULIPO. Mais elles rendent aussi compte d’un ensemble de problématiques plus contemporaines comme le Cyberféminisme de Donna Haraway ou le Xénoféminisme d’Helen Hester, qui ont directement inspiré certains de mes travaux. La volonté de dialectiser l’aliénation inhérente à la pop culture est aussi perceptible dans The Gnozo Show, qui est une série de performances-vidéo construite à partir d’une réflexion sur la transition entre la culture du talk-show et l’avènement du mouvement des youtubeurs. Ces productions, dont l’esthétique peut évoquer pour certains l’art dit “post-internet”, utilisent comme matière première les plateformes dédiées au capitalisme numérique et les outils contemporains qui régulent notre accès au savoir, telles que Wikipedia, Youtube, Facebook, Instagram ou Google. Ces interfaces, véritables entreprises du Web, organisent donc l’architecture de ce qui ce que nous voyons, lisons et sommes mené.e.s à commenter. Elles façonnent en cela le langage par lequel on converse avec les autres et le monde.

Je pars de l’idée qu’une signification donnée n’est, malgré les apparences, qu’un phénomène transitoire et contingent. Les réalisations qui en découlent montrent généralement la naissance d’un phénomène, d’une idée ou d’une signification particulière. La mise en abyme qui en résulte renvoie le spectateur à sa propre perception, à la nature accidentelle de ses opinions, en somme à la relativité de son point de vue. Les formes qui émergent de cette démarche sont d’une grande diversité : conférences-performances, photographies, films, dessins, éditions et multiples, sites internets ou encore créations radiophoniques.

Ma démarche donne à voir un langage en formation, langage dont les différents composants de nature fonctionnellement distinctes exigent du spectateur qu’il se les réapproprie et qu’il leur attribue un sens. Souvent ambiguës ou polysémiques, les réalisations qui en émanent déconstruisent l’architecture du web et la structure du marché de l’art en instrumentalisant l’approximation, l’incomplétude, le glitch et l’erreur comme méthodes privilégiées de perfectionnement.

Contact


All requests will be processed as fast as possible